Livres

La servante écarlate et moi

Bonjour tout le monde!

Comment allez-vous? Aujourd’hui je reviens vous parler de livre mais pas n’importe lequel, La Servante écarlate de Margaret Atwood. J’avais envie de vous en parler depuis ma lecture mais je ne savais pas comment l’aborder sur le blog. Cependant, toute cette remontée de l’affaire Weinstein…. ba…. voilà!

Si je dis Margaret Atwood et féminisme, vous me répondez La Servante écarlate? Il y a de forte ce chance que, durant cet été, vous avez entendu parler au moins une fois de ce livre adapté par Netflix en série. Nombreuses sont les personnes lambdas et les critiques qui ont (re)découvert ce classique canadien écrit à la fin des années 1980. Impossible d’aller en librairies plus ou moins indépendantes, Fnac, Relay, sans voir sur les étagères cette couverture rouge qui abordait fièrement, sur un bandeau, « Le livre qui fait trembler l’Amérique de Trump ». J’ai attendu début septembre pour me poser tranquillement et dévorer cet ouvrage dont j’ai tellement entendu parler, ayant bien envie de me faire un avis dessus!

35495952Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.
Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique

Tout au long du livre, ce qui m’a le plus surpris, outre le rôle limité et rabaissant des femmes, c’est la plume de l’auteure. Froid, distant, comme si elle décrivait les faits tels qu’ils sont, laissant transparaitre le moins de sentiments possible, de la part des personnages. On accroche ou on accroche pas. Personnellement, j’ai ressenti ce style comme étant nécessaire, montrant ainsi encore plus la dureté du monde dans lequel Delfred vit et son rôle dans cette société. A faire des enfants uniquement. Nous suivons ainsi Delfred, une des servantes écarlates, dans son quotidien rempli d’étiquettes, de règles. Celle-ci se remémore des moments du passé, ceux qu’elle a connu où la femme était libre de ses choix, des ses gestes. A travers les mots de Delfred, la chute de la place de la femme et de ses droits est visible, allant même jusqu’à des dérives machistes, l’homme étant le seul à réellement posséder le pouvoir.

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Mais pourquoi ce livre a-t-il fait tant parlé de lui cette année?

Comme dit plus haut, Netflix a décidé de l’adapter en série, série très fidèle au livre et tout aussi prenant, révoltante. Mais surtout, s’il a eu cette vague de succès, c’est sans doute dû aux remises en cause, ces dernières années, surtout ces derniers mois, de certains droits des femmes dans de nombreux pays. Vous vous souvenez de la possible taxe tampons, ou bien encore les pays tel que la Pologne et même les USA qui remettent en cause certains droits de la femme, le blâme des femmes face aux viols, aux agressions sexuelles (bah oui, les femmes, elles séduisent et même si elles disent non, au fond, elles ont envie!). L’histoire nous permet de nous questionner sur la probabilité qu’une telle décadence soit possible ou non. Et si oui, comment les femmes en général réagiraient? Tout au long de ma lecture, j’ai réfléchis au fait d’être une femme de nos jours, comment on est vues par la société, les personnes extérieures, par nous-mêmes, mais aussi comment nous sommes traitées et je me suis rappelé de combien ce n’était pas toujours très joyeux. Plus ou moins égale en droit mais avec des moeurs bien loin de ce qu’il y a écrit. Quitte à passer pour une pessimiste, nous retrouvons ce côté objet de la femme, qui est décrit dans le livre, plus ou moins quotidienne? La femme est souvent rabaissée, prise pour une idiote et si peu réussi-t-elle, elle est forcément passée sous le bureau ou a été aidée par un homme. C’est connu. Sans cet homme, elle aurait eu un poste bien moins important.

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Mais après, je me rappelle le réel message de ce livre: les femmes sont égales au hommes et elles ont le pouvoir de changer les choses. Nous avons autant de droits et de pouvoir qui sont importants de garder et de se battre pour. De manière générale, il est important de se battre pour ses rêves et de vivre la vie qu’on aimerait, peu importe si ceci n’est pas « typique d’une fille » ou « digne d’une fille ». Juste, fonce et sois heureuse. Montre aux hommes qui pensent qu’une femme n’est bonne qu’à faire la cuisine et faire des enfants que non, les femmes, on peut faire tellement plus. Une femme peut être ce qu’elle veut tant qu’elle et elle seule l’a choisi. A aucun moment elle ne devrait sentir ce plafond de verre posé au dessus d’elle simplement car elle est née avec un vagin et non un pénis. Briser ce plafond de verre est compliqué, voire impossible, et demande de l’aide mais il peut être brisé. Brisons-le ensemble pour libérer les femmes d’hier mais aussi celles d’aujourd’hui et surtout celles de demain. Savoir que mes droits de citoyenne, de femme à devenir, sont si fragiles me donne encore plus envie de me battre pour les garder.

« Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité. » Le Deuxième Sexe (1949)

Dans ce livre clairement féministe, Margaret Atwood nous rappelle combien la femme est, dans notre société, en danger à la moindre crise, que ses droits dont fragiles et qu’il ne faut jamais se reposer sur nos acquis. Pour être honnête, ce livre m’a donné encore plus envie de lire des ouvrages tournés vers la cause des femmes, ses combats pour l’obtention de certains droits qui nous semblent innés, tel que la contraception ou bien encore le droit de vote, d’avoir notre propre compte bancaire sans l’accord d’un homme ou de pouvoir travailler sur notre simple volonté.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.
Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Plein de bisous ❤

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4 réflexions au sujet de “La servante écarlate et moi”

  1. Coucou !
    Je n’ai pas lu le livre mais j’ai vu la série et je dois dire que certaines scènes sont d’une violence froide difficile à supporter, comme tu le dis en parlant du style de l’auteur on retrouve aussi dans la série ce ton distant. C’est assez déroutant au début mais je suis d’accord avec toi c’est aussi nécessaire pour montrer l’horreur de la situation des femmes. Je ne sais pas si on ressent la même chose dans le livre mais perso j’avais envie d’aider Delfred, de lui dire vas y bats toi pour ta liberté, ne te laisse pas avoir par leur folie.
    Je m’étais dis que je lirais le livre, ton article est un bon rappel ^^
    Bisous

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou ! Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai commencé la série. Et c’est un univers très froid, très déstabilisant. La leçon c’est que les droits de femmes ne sont jamais acquis, puisque l’histoire se passe dans le futur. Et l’affaire Weinstein le montre aussi. On croit que les femmes ont des droits, et que c’est bon tout est acquis mais non. Il y a beaucoup d’histoires atroces qui sortent en ce moment. Le « clash » (qui n’en était pas un) sur On n’est pas couché avec Sandrine Rousseau est aussi dans ce type d’histoires (odieuses), où on voit le malaise autours de ces sujets. Bref, je pourrais en parler des heures tellement ça me prend aux tripes, mais je vais m’arrêter là. XD
    En tout cas cette dystopie de La servante écarlate m’a bien retournée, à tel point que je n’ai pas fini la série. ><
    Bisous !

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou!
      Ca fait plaisir d’avoir des échos de la série, étant donné que je ne l’ai vue! Comme je disais, même maintenant certains droits de la femme sont remis en question ou même des actions qui sont sexistes proposées par le gouvernements (je pense à la taxe taxons par exemple!). Je n’ai pas du tout suivi le « clash » avec Sandrine Rousseau. Il faudrait que je me penche dessus tiens! mais c’est vrai que dès qu’une femme réussi, on a tendance à la prendre pour une fille très bête. Je pense à la question du journaliste du Figaro qui demande à la maire de Paris si les pistes cyclables seront ouvertes aux voitures électriques. Mais c’est bien que les femmes commencent à parler de ce qu’elles subissent, de la réalité que c’est! Je te rassure, je pourrais aussi passer des heures à parler des inégalités hommes femmes et combien je suis révoltée sur certains points x)
      C’est vrai qu’il faut être prêt pour lire ce genre de dystopie qui est plus réalistes que d’autres! J’espère que tu pourras la terminer un jour 😀
      Bisous!

      J'aime

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